Les données cardiotocographiques
L’analyse du tracé du RCF doit être systématique, régulière et notée sur le partogramme. Selon l’existence ou non de facteurs de risque, une analyse toutes les 15 à 30 minutes est recommandée qu’il existe ou non une centrale d’analyse (Fournié et Boog 2004[5], CNGOF 2007[4]). Compte tenu des données physiopathologiques évoquées précédemment, il faut regarder l’antériorité du tracé avant d’en analyser un segment.
Quatre critères sont utilisés pour l’analyse visuelle du RCF (Fig. 1.6) :
- la fréquence de base,
- la variabilité,
- les accélérations,
- et les ralentissements, ces derniers étant interprétés en fonction des contractions,
- à la condition que les signaux soient bien captés et les contractions, visibles ;
- nous pouvons y ajouter la surveillance de la fréquence cardiaque maternelle (FCM) telle que recommandée par Ayres de Campos 2015b[2] et Kiely 2019[6].
L’étude longitudinale de Amorim-Costa 2016[1] portant sur un total de 145 patientes et 1 049 tracés recueillis entre 24 et 41 SA et analysés automatiquement par le système Omniview-SisPorto® 3.6., a montré que la fréquence de base (LDB) et la variabilité évoluaient de façon opposée au cours de la grossesse du fait de la prépondérance progressive du système parasympathique (Fig. 1.7 et 1.8). La variabilité à long terme (VLT) est la différence moyenne entre les valeurs maximales et minimales du RCF dans une fenêtre glissante de 1 minute, les accélérations et les ralentissements n’étant pas prises en compte. La variabilité à court terme (VCT) sur une minute est la moyenne des 16 moyennes des différences entre les battements successifs à l’intérieur de 16 intervalles de 3,75 s (cf. Section « La variabilité à court terme »).
L’apprentissage de l’analyse du RCF diminue les erreurs d’analyse. Il est recommandé de promouvoir et de créer des formations théoriques et pratiques (CNGOF 2007[4], Ugwumadu 2016[8], Nzelu 2018[7]).
Pour notre part, nous avons développé un site d’apprentissage en ligne dénommé e.RCF (http://ercf.univ-catholille.fr/) que nous vous invitons à visiter …
Entrons maintenant dans le vif du sujet …
Références
- Amorim-Costa C., Costa-Santos C., Ayres-de Campos D., et Bernardes J. Longitudinal evaluation of computerized cardiotocographic parameters throughout pregnancy in normal fetuses: A prospective cohort study. Acta Obstet Gynecol Scand, 95 (10): 1143–1152, Oct. 2016. ISSN 0001-6349, 1600-0412. doi: 10.1111/aogs.12932. ↩
- Ayres-de-Campos D., Spong C. Y., et Chandraharan E. FIGO consensus guidelines on intrapartum fetal monitoring: Cardiotocography. International Journal of Gynecology & Obstetrics, 131 (1): 13–24, 2015b. ISSN 0020-7292. doi: 10.1016/j.ijgo.2015.06.020. ↩
- Boudet S., Houzé de l'Aulnoit A., Demailly R., Peyrodie L., Beuscart R., et Houzé de l'Aulnoit D. Fetal heart rate baseline computation with a weighted median filter. Computers in Biology and Medicine, 114: 103468, 2019. ISSN 0010-4825. doi: j.compbiomed.2019.103468. doi.org/j.compbiomed.2019.103468
- CNGOF. Recommandations pour la pratique clinique : Modalités de surveillance fœtale pendant le travail, 2007. ↩
- Fournié A. et Boog G. Étude du rythme cardiaque fœtal. EMC - Gynécologie-Obstétrique, 1 (1): 22–50, Feb. 2004. ISSN 17626145. doi: 10.1016/j.emcgo.2003.11.002. ↩
- Kiely D. J., Oppenheimer L. W., et Dornan J. C. Unrecognized maternal heart rate artefact in cases of perinatal mortality reported to the United States Food and Drug Administration from 2009 to 2019: A critical patient safety issue. BMC Pregnancy and Childbirth, 19 (1): 1–10, 2019. ISSN 1471-2393. ↩
- Nzelu O. Human Factors: The Dirty Dozen in CTG misinterpretation. GJORM, 6 (2), Oct. 2018. ISSN 25758594. doi: 10.19080/GJORM.2018.06.555683. ↩
- Ugwumadu A., Steer P., Parer B., Carbone B., Vayssiere C., Maso G., et Arulkumaran S. Time to optimise and enforce training in interpretation of intrapartum cardiotocograph. BJOG: An International Journal of Obstetrics & Gynaecology, 123 (6): 866–869, 2016. ISSN 1470-0328. ↩